Text about- from
Hélène Doub, head of the culture council Kultur lx
(French below)
Nathalie Noé-Adam’s work unfolds through a variety of media: from drawing to engraving, in association with video and curating. Her practice of drawing and video is based on the same questioning of the mutations of living beings and the place of Humanity in the cycle of life. By focusing on objects that may belong to the registers of the infinitely large or the infinitely small, she leads the viewer to observe the world that surrounds him or her on a different scale than that of his or her own body. Do her drawings represent microscopic views of living organisms or are they cosmic dust spreading through the universe after the big bang? The cartography of the living that she proposes to us hesitates between abstraction and hyperrealism. This uncertainty about the scale and nature of the objects highlights the strange relationships between living organisms. It is particularly the way in which she takes hold of dust, a material at the crossroads of science and religion, poetry and geology, that best shows in her works how she puts in tension the beginning and the end of all things in a cycle of which Humans are only one of the actors. Her video Ode to Mud is a continuation of this reflection on organic matter and the living. She pushes her reflections on the materiality of mud and its extreme plasticity, but also on its metaphorical meaning. A key material for modelling invented by human beings, but also a material in «constant transformation» in nature itself throught the action of water and sun, mud is also present in many cosmologies. If, from the beginning, it can give birth to Adam as well as to the Golem, thus taking on a double symbolism in the registers of good and evil, climate change further accentuates its instability and duality. While staging the means by which human beings interacts with his environment: body, hand, tool..., she puts humanity back into a spatio-temporal whole larger than that of a civilisation, of which she has, in another series, only staged the “remains”, residues-works passed through the filter of artistic creation. Graduated from the Ecole supérieure d’art et de design de Marseille-Méditerranée and from the University of Aix-Marseille, Nathalie Noé-Adam frequently presents her work internationally, alternating between the Luxembourg, French, German and Austrian scenes. She has also carried out projects in Asia (China, India) and South America.
L’œuvre de Nathalie Noé-Adam se déploie à travers une pluralité de médiums : du dessin à la gravure, en association avec la vidéo et la performance. Sa pratique du dessin et de la vidéo relève d’un même questionnement qui a trait aux mutations du vivant et à la place qu'occupe l'Homme dans le cycle de la vie. En se penchant sur des objets qui peuvent appartenir aux registres de l'infiniment grand ou de l'infiniment petit, elle entraîne le spectateur à observer le monde qui l'entoure à une autre échelle que celle de son propre corps. Ses dessins représentent-ils des vues microscopiques d'organismes vivants ou sont-ils des tapis de poussières cosmiques se répandant dans l'univers après le big-bang ? La cartographie du vivant qu’elle nous propose hésite entre abstraction et hyperréalisme.
Cette incertitude quant à l'échelle et à la nature des objets met en lumière les étranges rapports qui unissent les organismes vivants. C'est notamment la manière dont elle s'empare de la poussière, matériau à la croisée de la science et de la religion, de la poésie et de la géologie, qui montre le mieux dans ses œuvres comment elle met en tension le début et la fin de toute chose dans un cycle dont l'homme n'est que l'un des acteurs.
Sa vidéo "Ode à la boue" s'inscrit dans la continuité de cette réflexion sur la matière organique et le vivant. Elle y pousse ses réflexions à la fois sur la matérialité de la boue et son extrême plasticité, mais aussi sur sa force métaphorique. Matériau phare du modelage inventé par l'homme, mais aussi matière en "constante transformation" dans la nature elle-même sous l'effet de l'eau et du soleil, la boue est aussi présente dans de nombreuses cosmologies. Si dès l’origine, elle peut donner naissance à Adam aussi bien qu'au Golem revêtant ainsi une double symbolique dans les registres du bien et du mal, le changement climatique accentue encore son instabilité et sa dualité. Tout en mettant en scène les moyens par lesquels l’homme interagit avec son milieu : corps, main, outil..., elle replace l’humanité dans un ensemble spatio-temporel plus vaste que celui d’une civilisation, dont elle n’a, dans une autre série, mis en scène que les “restes”, résidus-œuvres passés au filtre de la création artistique.
Diplômée de l’Ecole supérieure d’art et de design de Marseille-Méditerranée et de l’université d’Aix-Marseille, Nathalie Noé-Adam présente fréquemment son travail à l'international, alternant entre les scènes luxembourgeoise, française, allemande et autrichienne. Elle a aussi réalisé des projets en Asie (Chine, Inde) et en Amérique du Sud.
Samantha Beck, director of the centre d'art Sébastien, Saint Cyr-sur-Mer
(French below)
Out of Frame
Nathalie Noé Adam’s work is rooted in a sensitive observation of the plant world. Drawing inspiration from plants encountered during her travels, she creates vibrant drawings in which living beings reveal themselves in all their intimacy, between visible presence and invisible forces. Her work explores the cycles of transformation, birth, metamorphosis, and disappearance, and questions organic memory, matter, and the fragile link between humans and nature.
With Antidote, birth, she depicts the emergence of a cicada, a symbol of rebirth, slowly crossing the strata of the earth after long years of metamorphosis. A work that evokes the continuity of life and questions the future of our own matter.
Samantha Beck, director of the Sébastien art center.
Hors Cadre
Le travail de Nathalie Noé Adam s’ancre dans une observation sensible du monde végétal. À partir de plantes rencontrées lors de ses voyages, elle développe des dessins vibrants où le vivant se dévoile dans son intimité, entre présence visible et forces invisibles. Son œuvre explore les cycles de transformation, naissance, métamorphose, disparition et interroge la mémoire organique, la matière et le lien fragile entre l’humain et la nature.
Avec Antidote, la naissance, elle met en scène l’émergence d’une cigale, symbole de renaissance, traversant lentement les strates de la terre après de longues années de métamorphose. Une œuvre qui évoque la continuité du vivant et questionne le devenir de notre propre matière.
Samanthe Beck, directrice du centre d’art Sébastien
Antidote Fiction
curatorial text by Nathalie Noé Adam
Antidote Fiction
avec: Nathalie Noé Adam, Pascale Noé Adam, Edwin Cuervo, Olga Karpinsky, Keita Mori, Agathe Simon, Claire Thill.
du 14 avril - 29 mai 2022
Vernissage le 14 avril à partir de 18h. Centre d'art Nei Liicht, rue Dominique Lang & Centre d'art Dominique Lang Gare Dudelange-Ville
Avec l'exposition interdisciplinaire, Antidote Fiction, Bombyx réunit sept artistes issu-e-s des arts visuels et des arts du spectacle. Les œuvres proposées prennent note de l'histoire industrielle qui a contribué à la construction de notre monde actuel. Elles la détournent. L'imaginaire et la fiction prennent le dessus sur la réalité et deviennent un antidote à la morosité ambiante. Ici la fiction est une catharsis bienvenue dans ces temps où la collapsologie se dessine partout. Les crises sanitaires s'additionnent aux crises géopolitiques, climatiques et humaines et l'on ne peut les ignorer. Créer avec l’effondrement des civilisations et reconstruire avec l’imagination. Faire l'état des lieux, proposer avec l’art comme médium, des routes possibles. Faire rêver d’un monde différent. Et nous disons bien différent et pas meilleur car, même si le meilleur reste peut-être à venir, le futur nous reste obscur.
À tout poison son antidote! Nous sommes partis du constat que dans notre monde post-industriel le soleil ne brille pas toujours. Pendant que les humains prennent du repos, le scintillement de la lune peut parfois rendre visible un monde sous-jacent. (Edwin Cuervo, photographies) La Terre est lourde de restes industriels toxiques et d'histoires humaines violentes, réprimées ou jamais découvertes. (Olga Karpinsky, sculptures et installations – Agathe Simon, vidéo) Le monde est violent et ses habitants démunis face à leur colère. (Pascale Noé Adam, performance) Ils se débattent aussi bien qu'ils peuvent et tentent de se faire entendre. Les artistes prennent note des dysfonctionnements dans les systèmes afin de les rendre visible sur les murs de l'exposition.(Keita Mori, installation dessin) Les cosmologies sont à réinventer pour mieux comprendre le futur et préparer la rencontre avec les autres peuples même ceux qu'on nomme extra-terrestres et qu'on fabule peut-être.(Claire Thill, performance – Nathalie Noé Adam, dessins et installation vidéo) Nous sommes ici pour observer et pour rencontrer. Nous sommes ici pour vous raconter des histoires que vous ne croirez pas mais qui seront pourtant les vôtres.
La Fiction comme remède.
La fiction est ici une construction imaginaire consciente, de l'artiste, se constituant en vue de déformer le réel pour mieux l'appréhender ou le détourner. La fiction est le remède à nos maux. Elle permet de ne pas oublier les combats passés. Grâce à elle les deux femmes qui ont pu intégrer pour la toute première fois l'harmonie de Dudelange, ne seront pas oubliées. Peut-être que leur vie n'est qu'une chimère. Mais leur potentielle existence est synonyme pour toutes celles qui se sont battues dans le passé et dans futur pour leurs droits à vivre pleinement leurs désirs. Et afin de se libérer de leurs colères et des injonctions patriarcales. Les idéaux familiaux sur le modèle chrétien sont toujours de mise ici, même s'il y a fort heureusement des améliorations. Si la place des femmes est mise à l'honneur dans le film d'Agathe Simon, la performeuse Pascale Noé Adam s'exprime en direct et avec toute son énergie vivace. Elle nous parle de la colère, elle nous hurle le désarrois de toutes nos aïeules. Ses poings lui servent de concentrateur d'énergie et c'est avec ardeur qu'elle envoie balader les énergies mauvaises et les frustrations de ceux que ce territoire et l'industrie ont mutilés, amoindris ou simplement usés. Le personnage de Pascale est le « bug » dans le territoire, elle y implante le grain de sable qui cause le dysfonctionnement. C'est ce même territoire qu'essaye de comprendre Keita Mori en le rationalisant par le dessin. Plus qu'une carte de l'espace, c'est un mode d'emploi qui est tissé sur le mur. L'acte de dessiner est avant tout issu d'une observation méticuleuse de l'objet. Qui ne sait voir ne sait dessiner!
La fiction permet d'appréhender les histoires passées sous un nouvel angle et de les réécrire selon la sensibilité individuelle des artistes. Voir de les fabuler. Elle offre la possibilité de faire sortir une cigale de l'obscurité de la terre et d'affirmer: « ceci est la nouvelle civilisation qui symbolise l'humain ou peut-être même le remplace » La cigale sort de terre pour aller muer dans la lumière crue du soleil. Sa transformation est une mutation prompte d'une chrysalide vers un insecte adulte, c'est également un changement brutal d'un environnement de vie sombre et souterrain pour le monde terrestre du milieu où la cigale se nourrira de la rosée du matin et de la sève des arbres avant de retourner dans l'obscurité. La cigale est symbole de vie et de transformation dans diverses mythologies chinoises et amérindiennes. Les chinois glissent des cigales en jade sous la langue de leur défunts pour les accompagner sous terre. Elle est donc également symbole de la mort et de l'éternel recommencement. Elle sort de cette même terre dont sont extraits les objets archéologiques et les gravats, matière considérée comme pauvre, mais indispensable pour la construction de nouveaux édifices. La terre est fouillée, retournée et emportée. On en extrait des objets anciens aussi bien que la matière première, parfois des métaux rares pour créer de nouveaux objets usuels ou technologiques.
Le territoire sur lequel nous nous trouvons a toujours son histoire et sa signification propre. Le lieu ne peut être anodin. Nous nous trouvons ici à Dudelange et nous considérons cet espace de vie sous des angles différents. Certains des artistes transposent d'autres lieux similaires en calque sur ce lieu ci. D'autres se l'approprient et essayent de le comprendre avec leur approche particulière.
Au moment où le soleil se couche et la lune se lève de nouvelles histoires s'écrivent. Entre chien et loup, se trouve l'espace ténu de l'imaginaire.
Nous voyageons dans l'espace avec Claire et dans le temps avec les sculptures 3D d'Olga Karpinsky. Ses méthodes de création sont liées au techniques les plus actuelles. Cependant elle nous montre des simulacres d'amulettes découvertes dans des sites archéologiques. Selon les mots de l'artiste, elle utilise son ordinateur comme une machine à remonter le temps. Elle l'utilise pour questionner la reproductibilité de l'objet ancien et la reproductibilité de la charge historique et émotionnelle de celui-ci.
La fiction permet d'appréhender les histoires passées sous un nouvel angle et de les réécrire selon la sensibilité individuelle des artistes. Voir de les fabuler. Les histoires contées permettent de faire naître ou renaître des espoirs et des désirs. Et nous espérons qu'elles inviterons les visiteuses et visiteurs à imaginer à leur tour leur propre futur et d'avoir une regard pour leur passé.
L'oubli : Agathe Simon
Le geste créateur et le toucher : Olga Karpinsky
Le fantastique :Claire Thill
Observation :La reconstruction, l'état des lieux Keita Mori -
Une vision troublée par le point de vue nocturne Edwin Cuervo
La maîtrise de la colère, expiation Pascale Noé Adam
Une nouvelle cosmologie : Nathalie Noé Adam
Margit ImSchlaa, freelance curator
Nathalie Noé Adam (* 1980 in Luxembourg)
thematisiert in ihren zum Teil druckgrafisch
erstellten Zeichnungen den brutalen Umgang des
Menschen mit der Natur. Sie führt die
Konsequenzen der systematischen Ausrottung von
Tier- und Pflanzenwelt in einer subtilen, dekorativ
anmutenden Ästhetik vor Augen, die die Dramatik
des Geschehens in Analogie zu deren Darstellung in
den Medien als „leicht verdaulich“ inszeniert.
Ludovic Bernhardt, artiste chercheur
Parasite Paradise
Fr «L’être humain, ou l’être urbain, entretient un rapport singulier avec la nature qui l’entoure. Il l’appréhende de manière physique, scientifique ou spirituelle. La Nature a un rôle empirique, nourricier, elle garantit notre survie. Elle est aussi à l’origine de grands questionnements philosophiques. Au XVIIIe siècle, la Naturphilosophie, sorte de métaphysique de la nature, soutenue par les écrits de Schelling et de Goethe, s’oppose aux découvertes scientifiques de Newton, qui ont formé les bases de notre réflexion actuelle sur le fonctionnement de l’univers. La Nature représente un danger potentiel pour l’Homme et vice versa. L’usage qu’il peut en faire dans des rites métaphysiques peut l’intoxiquer, les mêmes plantes toxiques sont pourtant aussi utilisées en médecine dans un but de guérison. Dans les deux cas, le rite permet en somme de rentrer en contact avec la Nature. Cette relation s’établit dans un désir d’appréhender le monde à travers une expérience dans laquelle l’Homme absorbe en quelque sorte la Nature pour mieux la comprendre, faire un avec elle. Désir de fusion! Après la révolution industrielle, nous sommes dans l’obligation de réinventer notre place dans l’univers. Nous ne pouvons ignorer les dégâts que notre désir de confort et nos besoins économiques ont causés à notre environnement. Cette thématique qui m’est chère, devient centrale dans mon œuvre et est à l’origine des séries de dessins se concentrant sur des sujets très précis comme l’intégration du végétal dans l’urbain ou la conception du jardin en mouvement.» Nathalie Noé Adam De „Der Mensch, vor allem der Stadtmensch, unterhält eine besondere Beziehung mit der ihn umgebenden Natur. Er nimmt sie auf physikalische, wissenschaftliche oder geistige Art wahr. Die Natur hat eine empirische und nährende Rolle und sie garantiert unser Überleben. Sie hat ebenfalls große philosophische Fragestellungen hervorgebracht. Im 18. Jahrhundert widersetzt sich die Naturphilosophie, eine Art Metaphysik der Natur, die durch die Schriften von Schelling und Goethe unterstützt wird, den wissenschaftlichen Entdeckungen von Newton, die die Grundlagen unserer heutigen Betrachtung über die Funktionsweise der Welt bilden. Die Natur stellt eine potenzielle Gefahr für den Menschen dar und umgekehrt. Ihre Anwendung bei metaphysischen Riten kann vergiften, allerdings werden dieselben giftigen Pflanzen auch in der Medizin mit dem Ziel der Heilung verwendet. In beiden Fällen ermöglicht der Ritus, wieder in Verbindung mit der Natur zu treten. Diese Beziehung entsteht aus dem Wunsch heraus, die Welt durch eine Erfahrung zu begreifen, in der der Mensch gewissermaßen die Natur aufnimmt, um sie besser zu verstehen. Er will eins mit ihr werden und sehnt sich danach, mit ihr zu verschmelzen. Aufgrund der industriellen Revolution sind wir gezwungen, unseren Platz in der Welt neu zu finden. Wir können die Folgen und Schäden nicht ignorieren, die wir unserer Umwelt durch unseren Wunsch nach Bequemlichkeit und unsere volkswirtschaftlichen Bedürfnisse zugefügt haben. Diese Thematik, die mir sehr am Herzen liegt, steht im Zentrum meines Werkes und hat diese Serie von Zeichnungen ins Leben gerufen, die sich auf sehr präzise Themen konzentriert wie die Integration von Pflanzen in Städte.“ Nathalie Noé Adam Organisation: neimënster
Piera Safriouine, gallerist
Mental Mutations Urban Gallery septembre 2022, dans le cadre du mois du dessin_ Marseille Le dessin est un savant mélange entre ce qui est de l'ordre du savoir - faire, du regard et de l'intuition de l’artiste. Les oeuvres montrées dans l'exposition Mental Mutations sont nées à partir des réflexions de l'artiste sur ce qui relève de l'observation et ce qui serait une évocation visuelle abstraite du travail mental. La série de dessins au crayon, Toxic a débuté parallèlement à la création de l'exposition Parasite Paradise à l'Abbaye Neumünster au Luxenbourg en 2016 et continue. Cette série évoque à la fois l’idée d’hybridation, de mutation, et celle de parasitage. Des représentations très dessinées de mains viennent croiser et s’entremêler à des plantes et fleurs toxiques qui semblent surgir et croître au détriment de ces bribes humains. Mais peut-être ces mains sont-elles aussi prédatrices pour les fleurs ? Tout dépend du point de vue adopté. L’ambiguïté montrée par le dessin se retrouve dans l’idée de toxicité. Ce qui est toxique est aussi souvent curatif. L’interaction entre la main et le végétal répond en miroir à l’opposition archaïque du bien et du mal et invite à aller au-delà de la représentation et du sensible. L'artiste se sert souvent de la méditation pour guider son trait. La méditation a pris une place centrale dans la vie de Nathalie et elle l'intègre donc naturellement dans son travail. Dans la série des Mentals elle amorce chaque dessin après une méditation. Grace à cette technique elle relie le visible à la pensée, la représentation à l’énergie qui la guide. Ainsi le trait se libère de l’objet et suit la pensée évocatrice. Ces dessins, également réalisés au crayon, s'additionnent de traits et de surfaces exécutés au crayon de couleur. Chaque teinte peut alors donner une indication sur l'humeur générale du dessin et de son exécutante dans sa tentative de mobiliser le mental. La série Antidote pose la question de la matérialité du dessin. Elle introduit de la perturbation, élimine les marges et les bords du dessin, donne du relief en appliquant des découpes, du collage, de la gravure, qui complexifient la recherche de signification. Elle nous suggère qu'au-delà de ce que nous voyons, nous devrions prêter plus d'attention à nos intuitions, à notre vie intérieure et ses mouvements. Nathalie Noé Adam se sert ainsi de questions métaphysiques sur l'existence humaine pour créer des oeuvres qui nous racontent l’interférence entre l’humain, son corps, son mental, et le monde extérieur qui l’englobe.